Ce qui est important pour moi...Je crois que ce qui existe déjà mérite parfois qu’on le regarde autrement.

Un textile ancien, un canevas oublié, un napperon, un morceau de jean… peuvent sembler appartenir au passé. Pourtant, leur matière, leurs couleurs, leurs motifs et les traces qu’ils portent peuvent encore raconter beaucoup de choses.

C’est cette possibilité qui m’intéresse : ne pas effacer leur histoire, mais leur permettre d’en commencer une nouvelle.

Après plus de quinze ans dans la mode, j’ai ressenti le besoin de créer différemment. De ralentir, de choisir mes matières avec attention et de retrouver le plaisir du geste, de la recherche et du temps consacré à chaque pièce.

Réinventer plutôt que remplacer

Je travaille principalement à partir de textiles existants, chinés ou issus de pièces oubliées.

L’upcycling est pour moi bien plus qu’une démarche responsable : c’est une façon de créer à partir de ce qui existe déjà, en laissant la matière guider l’imagination.

Je ne cherche pas à faire disparaître les traces du passé.

Je ne modernise pas la matière, je modernise son usage.

Créer des objets qui ne ressemblent pas à tous les autres

Je n’aime pas la standardisation.

Chaque textile possède ses propres couleurs, ses irrégularités, son histoire et son caractère. Je préfère partir de ces particularités plutôt que de chercher à les uniformiser.

C’est pourquoi les créations Momily sont réalisées en pièces uniques ou en très petites séries.

L’objectif n’est pas de créer un objet différent pour être différent.

C’est de créer un objet qui possède sa propre personnalité et qui puisse trouver la sienne auprès de la personne qui le choisira.

Donner de la valeur au geste

Derrière chaque création, il y a du temps: chercher une matière.

La trouver.

La toucher.

L'observer.

Imaginer ce qu'elle pourrait devenir.

La préparer, la découper, l'assembler, la transformer.

Le travail artisanal permet ce temps que la production en série ne laisse pas toujours.

Chez Momily, les imperfections qui témoignent de la matière et du geste ne sont pas effacées. Elles font partie de l’objet.

Faire entrer le passé dans le présent

La mémoire occupe une place particulière dans Momily.

Parce que certains objets nous rappellent une personne, une maison, une époque, une sensation.

Parce qu’un textile peut nous être familier sans même que nous sachions exactement pourquoi.

Je veux conserver cette émotion tout en lui donnant une forme actuelle.

Des textiles d’hier réinventés pour aujourd’hui.

Choisir moins, mais choisir vraiment

Momily s'inscrit aussi dans une autre manière de consommer.

Pas dans l'idée de posséder toujours davantage, mais dans celle de choisir des objets auxquels on tient réellement.

Des objets que l’on remarque.

Que l’on utilise.

Que l’on garde.

Et peut-être qu’un jour, que l’on transmet.

Parce qu’un objet auquel on s’attache est rarement un objet que l’on jette facilement.

Transmettre

Transmettre une matière.

Un savoir-faire.

Une histoire.

Une façon de regarder les choses.

C’est aussi ce que j’aime dans les textiles anciens : ils ont traversé une époque avant d’arriver jusqu’à nous. En leur donnant une nouvelle vie, ils peuvent continuer leur chemin.

Le passé n’a pas besoin de rester dans le passé.

Il peut continuer à vivre autrement.